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Interview accordée au Pré-aux-Clercs, le 1er septembre 2009. |
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ous avez laissé vos lecteurs dans l’expectative à la fin du tome 1 d’Acacia, sur cette scène de la famille réunie pour les obsèques d’Aliver. Comment débute le tome 2 ?
Dans Terres étrangères, les héritiers Akarans sont adultes et c’est Corinn qui tient les rênes du pouvoir. Chacun a sa propre mission à remplir. Corinn tente d’unifier l’intégralité du Monde Connu, ce qui n’est pas aisé. Mena part combattre les créatures monstrueuses nées de la magie du Santoth et Dariel embarque pour les Autres Contrées, dans l’espoir de changer la nature du commerce avec ces peuples. |
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En arrivant, il découvre un monde en crise, en partie à cause des machinations de la Ligue, et une civilisation ancienne et très belliqueuse qui représente, comme il s’en aperçoit rapidement, une menace pour le Monde Connu. Il doit évoluer dans ce monde étrange, faire des compromis et tenter de survivre.
L’empire d’Acacia est-il de nouveau menacé ?
La menace est sous-jacente. Dans ce tome, elle dévoile son vrai visage et commence à se déployer, sous des formes inédites. Il y a bien sûr toutes les tensions au sein du Monde Connu. Les différents personnages influents ne se satisfont pas franchement du régime impérial d’Acacia. Mais ce n’est qu’une partie de l’action dans le livre : il est aussi question des Terres étrangères, et la magie se manifeste de diverses manières. Tout d’abord Corinn, la détentrice du « Chant d’élenet », s’entraîne et maîtrise de mieux en mieux la magie. Ca reste toujours un peu un secret, mais elle commence à faire savoir qu’elle détient ce pouvoir. Les Hérauts du Santoth exilés au Sud espèrent toujours réintégrer le monde. On découvre aussi que par certains aspects, la magie et la sorcellerie ont modifié et affecté les Autres Contrées. Dariel s’en rend compte peu à peu au cours de son voyage. C’est une histoire de grande envergure, et ce tome relate une bonne partie du nouveau conflit qui les guette.
Les Mein reviennent-ils pour prendre leur revanche ?
Ils ne sont plus vraiment au cœur de l’intrigue. La guerre avec eux appartient au passé, ils ont été vaincus. Ils auront un rôle dans les événements à venir, mais ils font partie intégrante de l’empire qui va devoir affronter un nouveau danger.
Le roman fantasy doit pour vous avant tout offrir un pur moment d’évasion, avec une histoire prenante pleine de rebondissements et des personnages attachants, évoluant dans un univers imaginaire. Mais à travers Acacia, vous évoquez aussi les difficultés du monde réel. Avez-vous poursuivi dans cette voie avec Terres étrangères ?
Oui, en partie parce que l’Empire fonctionne toujours à peu près pareil. Après la guerre du Mein, les choses n’ont pas changé au point d’instaurer un nouveau système plus équitable, et certains crimes sont perpétués. Même lorsque les Terres étrangères s’intègrent à l’histoire, elles subissent elles aussi le poids de l’Histoire du Monde Connu. Par certains aspects, on retrouve là-bas le même genre de problèmes économiques et politiques, de manipulations et de vieilles rancoeurs. Dariel part dans l’idée qu’il va entrer en contact avec cette puissance étrangère et réussir à tout changer, mais il se retrouve pris dans la toile d’oppositions politiques, de bouleversements, et d’un passé qu’il ne peut pas comprendre. Je pense que cela arrive souvent aussi dans le monde réel.
Qu’est ce qui est le plus important pour vous dans ce nouveau roman, en quelques mots ?
C’est vraiment une question difficile pour un auteur, car il m’a fallu 200 000 mots pour écrire ce livre ! Je voudrais que le livre transmette, surtout à travers Dariel, un souffle d’aventure et de découverte. Pour la première fois, il traverse les mers inconnues, il croise des monstres sur son chemin, il débarque dans les Autres Contrées et ne cesse d’être surpris par ce qu’il voit et découvre. La carte du monde s’agrandit par la même occasion. J’aime l’idée que la carte de ce monde s’agrandisse, mais aussi que certaines parties restent inconnues. C’est donc un voyage au cœur de l’inconnu.
Terres étrangères sort dans quelques jours aux Etats-Unis. Vos impressions ?
Je suis ravi, nerveux, excité, et heureux… Je suis vraiment content de pouvoir continuer l’histoire des Akarans et du Monde Connu, qui représente beaucoup pour moi. C’est aussi la somme d’années de travail, et c’est toujours merveilleux de voir le livre enfin sur papier et entre vos mains, à vous les lecteurs. Je suis enchanté que l’édition française sorte en France si rapidement, et j’espère que vous le lirez, que vous serez entraînés dans l’aventure, et y retrouverez toute la complexité, la profondeur et je l’espère, l’imagination, que j’ai essayé d’insuffler dans le premier, et que je m’efforcerai d’insuffler aussi dans les suivants. Ca signifie beaucoup pour moi d’avoir des lecteurs happés par cet univers, mon travail ne prend vie que grâce à vous !
Vous étiez il y a quelques mois en France, à l’occasion du Festival Imaginales. Avez-vous un message particulier à transmettre à vos lecteurs français, à la veille de la sortie du livre ?
J’adore le fait que ce livre m’ait permis de venir en France, et d’avoir pu discuter avec des lecteurs et des auteurs français. J’ai l’impression de m’être fait beaucoup d’amis… j’espère que c’est le cas ! En un sens, voici ce que je voudrais dire à tous mes lecteurs : je travaille dur pour écrire des romans qui méritent le temps qu’on passe à les lire. Donc j’espère qu’ils apprécient, et j’aimerais beaucoup qu’ils m’écrivent, pour me pousser à donner le meilleur de moi-même et à terminer le prochain livre. De mon côté, je continuerai à faire de mon mieux pour écrire de bonnes histoires.
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